Sauvegarde et NAS pour TPE

Pour une entreprise, la perte de données n’est pas un désagrément : c’est un arrêt d’activité. Devis en cours, comptabilité, fichier clients, photos de chantier, factures que l’administration fiscale exige de conserver dix ans. Une TPE qui perd tout cela ne perd pas des fichiers, elle perd des semaines. Les trois illusions les plus répandues…

Pour une entreprise, la perte de données n’est pas un désagrément : c’est un arrêt d’activité. Devis en cours, comptabilité, fichier clients, photos de chantier, factures que l’administration fiscale exige de conserver dix ans. Une TPE qui perd tout cela ne perd pas des fichiers, elle perd des semaines.

Les trois illusions les plus répandues

« J’ai un disque dur externe. » S’il reste branché en permanence, ce n’est pas une sauvegarde : un rançongiciel chiffre les disques connectés en même temps que la machine, et une surtension emporte les deux. S’il est débranché mais que la dernière copie date de huit mois, ce n’est pas une sauvegarde non plus.

« Tout est sur le cloud. » La synchronisation n’est pas une sauvegarde. Un fichier supprimé ou chiffré sur votre poste est supprimé ou chiffré sur le cloud dans la minute — c’est le principe même de la synchronisation. Certains services conservent un historique de versions, mais rarement au-delà de trente jours, et il faut savoir s’en servir avant d’en avoir besoin.

« Je fais une copie de temps en temps. » Une sauvegarde manuelle est une sauvegarde qu’on oublie exactement la semaine où il aurait fallu la faire. Ce qui n’est pas automatique n’existe pas.

Le principe : trois copies, deux supports, une hors site

La règle du 3-2-1 tient en une phrase : trois copies de vos données, sur deux types de supports différents, dont une conservée en dehors des locaux. Elle couvre les trois scénarios réels — l’erreur humaine, la panne matérielle, et le sinistre ou le vol qui emporte tout ce qui se trouve au même endroit.

Appliquée à une TPE, cela donne : les données de travail sur les postes, une copie automatique sur un NAS local, et une réplication chiffrée vers un stockage distant. Aucune manipulation quotidienne à faire.

Pourquoi un NAS plutôt qu’un simple disque

Un NAS est un petit serveur de stockage posé dans vos locaux. Il apporte trois choses qu’un disque externe ne donne pas :

Ce dernier point compte particulièrement si vous traitez des données personnelles de clients : le RGPD ne vous interdit pas le cloud, mais il vous demande de savoir où vont vos données et de pouvoir le justifier. Un NAS dans vos murs simplifie beaucoup cette réponse. Le sujet est développé dans cet article sur le cloud auto-hébergé, et pour le pilotage à distance, dans celui-ci.

Comment se déroule la mise en place

Tout commence par un inventaire : quelles données sont vitales, lesquelles sont réglementairement obligatoires, combien de temps votre activité peut tenir sans elles. Cette question détermine tout le reste — inutile de dimensionner comme une banque une entreprise qui peut travailler deux jours sur papier.

Vient ensuite le choix du matériel, l’installation, le paramétrage des sauvegardes automatiques et des droits d’accès. Puis — étape que beaucoup sautent et qui est la plus importante — le test de restauration. Une sauvegarde jamais restaurée est une sauvegarde dont on ignore si elle fonctionne. On en refait un, ensemble, quelques semaines plus tard.

Enfin, une séance de prise en main : où sont les fichiers, comment récupérer une version antérieure, que faire si un voyant passe au rouge.

Coût

L’installation et le paramétrage sont facturés au temps passé — 60 € HT l’heure pour une prestation professionnelle, selon la grille tarifaire — auxquels s’ajoute le matériel, sans vente forcée : je vous dis lequel et où l’acheter, et si vous préférez que je le fournisse, son prix figure sur le devis, avant toute commande, et il est facturé à part. Un NAS deux baies avec ses disques représente un budget d’entrée de gamme raisonnable au regard de ce qu’il protège.

Attention à un piège fréquent : les prestations informatiques pour une entreprise n’ouvrent pas droit au crédit d’impôt services à la personne, réservé aux particuliers à leur domicile. En revanche, elles constituent une charge déductible.

Faisons le point sur vos sauvegardes

Le premier rendez-vous consiste souvent à découvrir que la sauvegarde en place ne sauvegarde pas ce qu’on croit. Écrivez-moi ou appelez le 06 95 74 01 29 — j’interviens auprès des TPE du Gers et des Hautes-Pyrénées.